Comment le cerveau apprend une langue ?

Saviez-vous que quelle que soit la langue, notre cerveau fonctionne de la même manière pour décrypter ce qu’il lit ? Pour autant, comprendre et parler une langue étrangère ne vont pas forcément de paire. Selon l’âge de l’apprentissage d’une deuxième langue, le cerveau s’oblige à activer des zones ce qui lui demande de gros efforts. A cet égard, la neuroscience nous éclaire de plus en plus sur le processus d’acquisition d’une seconde langue. Différentes zones du cerveau s’activent pour nous permettre d’assimiler une langue étrangère.

rouages et mécanismes du cerveau

Comment le cerveau réagit-il face à l’apprentissage d’une langue ?

Nous en parlions dans un article sur la génétique et l’apprentissage d’une langue étrangère, le cerveau active deux zones principales.

  • L’aire de Broca qui gère la production du langage et son expression.
  • L’aire de Wernicke qui s’occupe de la compréhension.
cerveau aire de Broca et aire de Wernicke

La zone de Broca compartimente les différentes langues apprises. Sauf pour les enfants qui naissent et grandissent dans un environnement multilingue.

Cependant, des chercheurs de l’université de Berkley ont réussi à créer une cartographie cérébrale montrant que selon les différents mots, le cerveau activait des centaines de zones, quelle que soit la langue du sujet.

Par exemple, les mots comme « victime » ou « tuer » activent une zone dans le côté gauche du cerveau. Tandis que les mots comme « enfant » et « parent » activent une zone au sommet du cerveau.

Le point commun à tous les sujets est que ce sont les mêmes zones pour les mêmes mots dans une langue différente qui se sont déclenchées. Ainsi, nous pouvons comprendre que les schémas de déclenchement neuronaux sont similaires pour des langues différentes.

Selon une étude de l’Université de Carnegie-Mellon, il en va de même pour le sens d’une phrase. Notre cerveau décrypte une phrase ayant le même sens en anglais et en portugais de la même manière.

Notre cerveau possède donc une cartographie universelle. Il lui faut cependant pouvoir mémoriser ce qu’il reçoit comme information afin de pouvoir espérer parler une autre langue.

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Comment la mémoire fonctionne-t-elle pour retenir une nouvelle langue ?

Notre mémoire fonctionne simplement en 3 étapes claires :

  1. Elle crée des traces mnésiques qui sont les informations apprises et retenues pas le cerveau.
  2. Puis, elle stocke ces informations.
  3. Enfin, elle les restitue lorsque les traces mnésiques sont rappelées par notre cerveau.

Cependant, la plasticité d’un cerveau adulte n’est pas la même que celle d’un enfant. Beaucoup plus dense jeune, il permet d’apprendre plus facilement dès l’âge le plus tendre. C’est la raison pour laquelle, il est presque impossible passé la puberté d’apprendre une langue étrangère sans accent. Avec une plasticité réduite, le cerveau absorbe moins bien certaines informations. Malgré tout, il reste suffisamment flexible pour permettre à l’homme d’apprendre à lire à tout âge.

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La mémoire peut recouvrir 3 formes différentes : la mémoire procédurale, la mémoire sémantique et la mémoire personnelle. La mémoire sémantique est celle qui permet d’apprendre une langue en créant un répertoire sémantique et lexical dans la zone de Wernicke. Il n’y a donc pas de limite de stockage. On peut donc apprendre des mots à l’infini, ce quelle que soit la langue.

Comment optimiser le cerveau pour apprendre une langue étrangère ?

Les neurosciences prouvent que l’apprentissage classique ne fonctionne pas. Vous pourrez apprendre tout le vocabulaire que vous voulez, si vous ne pratiquez pas, vous ne pourrez donc jamais vous exprimer.

Vous devez donc stimuler votre aire de Broca !

L’immersion est souvent mise en avant. Elle permet d’assimiler une langue naturellement. En plus, vous gardez longtemps en mémoire les schémas neuronaux créés par la pratique de langue. Sauf que l’immersion n’est pas forcément possible pour tous.

L’immersion locale paraît donc être votre meilleure option. Le Middlebury College, reconnu pour ses apprentissages linguistiques, utilise une méthode simple pour apprendre à parler une langue

  • la parler en tout temps
  • s’en servir dans un but précis comme l’organisation d’un projet ou la pratique d’une activité
  • utiliser les outils numériques et médias bruts mis à disposition tels que les podcasts, films, vidéos en V.O.
  • échanger avec les autres

Les chercheurs dans l’apprentissage des langues retiennent finalement que la meilleure méthode d’apprentissage est la combinaison des outils numériques actuels et des sessions d’échanges avec les enseignants.

À la manière de la classe inversée, l’apprentissage doit passer par une partie ludique et immersive seul pour être partagé ensuite avec le professeur.

Les 2 bienfaits majeurs pour le cerveau d’une nouvelle langue

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  • La taille du cerveau augmente en apprenant une nouvelle langue. Selon une étude suédoise, le cerveau croît à grande vitesse lorsqu’une langue est apprise de manière intensive. Également, certains sons ne se distinguent pas de la même manière d’une langue à une autre. Les japonais ne font pas la différence entre le « r » et le « l ». Les IRM montrent que 2 zones du cerveau s’activent chez les anglo-saxons pour ces 2 sons alors qu’une seule zone s’active pour les japonais. À l’apprentissage de l’anglais, ils ont rapidement appris à distinguer les deux sont et de ce fait, une nouvelle zone du cerveau se crée. Donc, il grossit !
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  • Une nouvelle langue permettrait de retarder la maladie d’Alzheimer et la sénilité. En effet, la pratique de plusieurs langues entretient les connexions cognitives et entraîne la mémoire. Des études canadiennes expliquent qu’Alzheimer et la sénilité se diagnostiquent plus tard pour les personnes bilingues ou multilingues. Apprendre des langues étrangères nous offrirait donc des chances de repousser certaines maladies.

Finalement, apprendre une langue étrangère ne peut avoir que des bénéfices pour le cerveau. Toutes les recherches montrent que le cerveau est toujours plus actif et se développe rapidement lorsque l’on ne s’arrête pas à sa langue maternelle. Certes, apprendre vous demande certains efforts, mais la science nous explique que tout est possible, quel que soit votre âge ou votre langue. Alors, lancez-vous et commencez par apprendre l’anglais !

Génétique et Apprentissage de l’anglais | Existe-t-il un lien ?

La génétique peut-elle expliquer les difficultés d’apprentissage d’une langue étrangère ?

Pourquoi n’arrivons-nous pas à apprendre une langue aussi facilement que les enfants ? Comprendre le lien entre apprendre l’anglais et la génétique aiderait certainement à relativiser face à notre inégalité. Non seulement apprendre l’anglais ou une autre langue constitue un travail complexe pour notre cerveau, mais la manière d’acquérir la langue détermine elle aussi notre future réussite. Pour vous aussi apprendre de longues listes de mots et de règles grammaire vous donne la nausée ? Et malgré des heures de leçons, vous êtes bloqué, incapable de converser avec une personne en anglais ? À qui la faute ? On dit souvent qu’on est trop vieux pour apprendre une langue ou que l’on n’a pas suffisamment de capacités intellectuelles. On entend aussi souvent dire qu’on n’a pas ça dans nos gènes. Alors, y a-t-il vraiment un lien entre apprendre l’anglais et la génétique ?

Comment notre cerveau intègre-t-il une langue étrangère ?

Notre cerveau est une machine complexe. Nous ne nous rendons pas vraiment compte des efforts qu’il produit pour apprendre notre propre langue. Alors, imaginez les prouesses qu’il doit déployer pour en apprendre une 2e.

Les zones de Broca et de Wernicke

Selon de nombreuses études, diverses zones du cerveau s’activent. Pour apprendre l’anglais ou une autre langue, les deux zones principales sont celles de Wernicke et celle de Broca. La première gère la compréhension. La seconde s’occupe de l’expression orale.

Dans la zone de Broca, chaque langue est rangée dans une zone spécifique. Tandis que la zone de Wernicke ne fait pas de distinction entre les langues.

Pour les enfants bilingues, la zone de Broca ne fait pas de différence non plus. C’est la raison pour laquelle ils n’ont aucune difficulté pour passer d’une langue à une autre.

Ainsi, le cerveau utilise deux zones pour traiter deux tâches différentes. Cela explique pourquoi on peut comprendre une langue sans réussir à la parler. Pour réussir à parler une langue étrangère, il n’y a pas de secret : il faut pratiquer et parler. L’immersion linguistique prend alors tout son sens. Comme un muscle, vous entraînez votre zone de Broca pour qu’elle vous facilite les échanges verbaux.

Le cerveau comprend mieux l’immersion

Les méthodes classiques pour apprendre l’anglais ont prouvé leur inefficacité. Apprendre des listes de mots et de règles grammaticales ne permet pas de s’exprimer ou de comprendre le sens des phrases. Il est encore moins possible d’échanger avec les autres. Au niveau neurologique, notre cerveau doit reconnaître qu’il s’agit de l’apprentissage d’une langue. Cela se fait avec l’activation des zones en question.

Une étude de Georges Town Médical Center et de l’université d’Illinois démontre que le cerveau ne réagit pas de la même manière en cas d’apprentissage d’une langue en immersion ou avec les méthodes traditionnelles. L’apprentissage en immersion permet au cerveau de réagir comme une langue maternelle et de se poursuivre même sans pratiquer la langue.

Cependant, nous ne sommes pas tous égaux devant l’acquisition d’une langue malgré un cerveau qui fonctionne de la même manière. Du coup, on est en droit de se demander si apprendre l’anglais et la génétique sont étroitement liés ?

La génétique explique-t-elle les difficultés dans l’apprentissage de l’anglais ?

L’impact cognitif lors de l’apprentissage de l’anglais chez les petits montre que c’est beaucoup plus simple pour eux. Plus tôt un enfant apprend l’anglais, plus il sera très proche du bilinguisme. S’il est né dans un environnement familial bilingue, alors son cerveau ne fera pas de différence entre les deux langues. Et ceci est valable pour tous les enfants sans distinction.

On pourrait donc croire qu’apprendre l’anglais et la génétique n’ont aucun rapport.

Sauf qu’arrivés à l’âge adulte, nous ne sommes pas égaux. Certains ont plus de difficultés que d’autres à assimiler l’anglais.

Le gène COMT conditionne la réussite de l’acquisition d’une langue

Une étude sérieuse de l’université de Washington aux États-Unis tend à démontrer que le gêne COMT (Catechol-O-methyltransferase) serait responsable de notre inégalité. Il serait la cause de la modification de la matière blanche lors du processus d’apprentissage.

L’étude est menée sur un échantillon de 79 personnes chinoises. Les chercheurs ont surveillé et étudié l’activité cérébrale afin de comprendre les connexions entre les différentes zones du cerveau. L’évolution de la matière blanche lors des tests les a poussés à explorer la piste génétique. Il s’est avéré que le gène COMT aurait un impact direct sur l’acquisition de la langue.

Deux des variantes du gène COMT seraient à l’origine de la réussite dans 46 % des cas.

La controverse soulevée par les chercheurs français

Les chercheurs du CNRS confirment bien la relation entre le cerveau et les facteurs génétiques pour apprendre une langue. Pour autant, ils mettent sérieusement en doute la vérité absolue de cette étude. D’une part, parce qu’elle ne porte que sur un très petit échantillon de personnes. D’autre part, parce qu’elle considère que les effets des gênes sont indépendants de l’environnement dans lequel l’individu évolue et grandit. Or, ces deux paramètres sont intimement liés.

Je vous le disais plus haut. Si nous naissons tous égaux avec une capacité de développement cérébral identique, nous ne grandissons pas tous dans les mêmes contextes familiaux, culturels et environnementaux. À mesure de notre évolution, notre structure cérébrale se modifie et nos gènes évoluent.

OK, alors apprendre l’anglais et la génétique sont peut-être liés. Mais en fait, il s’agit plutôt de savoir à quel niveau cela intervient et comment. Chose que cette étude voulait prouver, mais qui paraît encore imparfaite et sans réponses irréfutables.

Quoi qu’il en soit, malgré notre inégalité, apprendre l’anglais est bénéfique pour notre cerveau.

Les effets positifs de l’anglais 2e langue sur notre cerveau

  1. Le cerveau se muscle et se développe
  2. Les sons sont plus facilement reconnus
  3. Le passage d’une langue à une autre est plus simple et rapide
  4. Une meilleure intuition se développe naturellement
  5. Se tromper n’est pas grave, c’est un signe de progrès
  6. L’imagination et le cerveau font peuvent d’une plus grande créativité
  7. Une meilleure compréhension des autres cultures est une résultante directe
  8. Le cerveau vieillit beaucoup moins vite

La génétique influencerait l’apprentissage d’une langue : vous y croyez ?

Vous avez compris que même si notre cerveau est l’outil de l’apprentissage d’une langue, il n’est pas encore prouvé comment la génétique intervient dans le processus d’acquisition. Quand nous voyons les difficultés d’apprentissage d’une personne à une autre, on se dit que tout cela a forcément un lien. Malgré tout sans aller jusqu’à l’étude scientifique, nous pouvons constater que les adultes immergés dans une langue qui n’est pas la leur arrivent à la comprendre et à la parler à force de pratique. On pourrait facilement en conclure que seule notre volonté prime et que les gènes n’ont rien à voir dans notre capacité à intégrer une nouvelle langue. Et vous, pensez-vous que vos gènes sont la source de votre réussite ?

 

 

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