La génétique peut-elle expliquer les difficultés d’apprentissage d’une langue étrangère ?

Pourquoi n’arrivons-nous pas à apprendre une langue aussi facilement que les enfants ? Comprendre le lien entre apprendre l’anglais et la génétique aiderait certainement à relativiser face à notre inégalité. Non seulement apprendre l’anglais ou une autre langue constitue un travail complexe pour notre cerveau, mais la manière d’acquérir la langue détermine elle aussi notre future réussite. Pour vous aussi apprendre de longues listes de mots et de règles grammaire vous donne la nausée ? Et malgré des heures de leçons, vous êtes bloqué, incapable de converser avec une personne en anglais ? À qui la faute ? On dit souvent qu’on est trop vieux pour apprendre une langue ou que l’on n’a pas suffisamment de capacités intellectuelles. On entend aussi souvent dire qu’on n’a pas ça dans nos gènes. Alors, y a-t-il vraiment un lien entre apprendre l’anglais et la génétique ?

Comment notre cerveau intègre-t-il une langue étrangère ?

Notre cerveau est une machine complexe. Nous ne nous rendons pas vraiment compte des efforts qu’il produit pour apprendre notre propre langue. Alors, imaginez les prouesses qu’il doit déployer pour en apprendre une 2e.

Les zones de Broca et de Wernicke

Selon de nombreuses études, diverses zones du cerveau s’activent. Pour apprendre l’anglais ou une autre langue, les deux zones principales sont celles de Wernicke et celle de Broca. La première gère la compréhension. La seconde s’occupe de l’expression orale.

Dans la zone de Broca, chaque langue est rangée dans une zone spécifique. Tandis que la zone de Wernicke ne fait pas de distinction entre les langues.

Pour les enfants bilingues, la zone de Broca ne fait pas de différence non plus. C’est la raison pour laquelle ils n’ont aucune difficulté pour passer d’une langue à une autre.

Ainsi, le cerveau utilise deux zones pour traiter deux tâches différentes. Cela explique pourquoi on peut comprendre une langue sans réussir à la parler. Pour réussir à parler une langue étrangère, il n’y a pas de secret : il faut pratiquer et parler. L’immersion linguistique prend alors tout son sens. Comme un muscle, vous entraînez votre zone de Broca pour qu’elle vous facilite les échanges verbaux.

Le cerveau comprend mieux l’immersion

Les méthodes classiques pour apprendre l’anglais ont prouvé leur inefficacité. Apprendre des listes de mots et de règles grammaticales ne permet pas de s’exprimer ou de comprendre le sens des phrases. Il est encore moins possible d’échanger avec les autres. Au niveau neurologique, notre cerveau doit reconnaître qu’il s’agit de l’apprentissage d’une langue. Cela se fait avec l’activation des zones en question.

Une étude de Georges Town Médical Center et de l’université d’Illinois démontre que le cerveau ne réagit pas de la même manière en cas d’apprentissage d’une langue en immersion ou avec les méthodes traditionnelles. L’apprentissage en immersion permet au cerveau de réagir comme une langue maternelle et de se poursuivre même sans pratiquer la langue.

Cependant, nous ne sommes pas tous égaux devant l’acquisition d’une langue malgré un cerveau qui fonctionne de la même manière. Du coup, on est en droit de se demander si apprendre l’anglais et la génétique sont étroitement liés ?

La génétique explique-t-elle les difficultés dans l’apprentissage de l’anglais ?

L’impact cognitif lors de l’apprentissage de l’anglais chez les petits montre que c’est beaucoup plus simple pour eux. Plus tôt un enfant apprend l’anglais, plus il sera très proche du bilinguisme. S’il est né dans un environnement familial bilingue, alors son cerveau ne fera pas de différence entre les deux langues. Et ceci est valable pour tous les enfants sans distinction.

On pourrait donc croire qu’apprendre l’anglais et la génétique n’ont aucun rapport.

Sauf qu’arrivés à l’âge adulte, nous ne sommes pas égaux. Certains ont plus de difficultés que d’autres à assimiler l’anglais.

Le gène COMT conditionne la réussite de l’acquisition d’une langue

Une étude sérieuse de l’université de Washington aux États-Unis tend à démontrer que le gêne COMT (Catechol-O-methyltransferase) serait responsable de notre inégalité. Il serait la cause de la modification de la matière blanche lors du processus d’apprentissage.

L’étude est menée sur un échantillon de 79 personnes chinoises. Les chercheurs ont surveillé et étudié l’activité cérébrale afin de comprendre les connexions entre les différentes zones du cerveau. L’évolution de la matière blanche lors des tests les a poussés à explorer la piste génétique. Il s’est avéré que le gène COMT aurait un impact direct sur l’acquisition de la langue.

Deux des variantes du gène COMT seraient à l’origine de la réussite dans 46 % des cas.

La controverse soulevée par les chercheurs français

Les chercheurs du CNRS confirment bien la relation entre le cerveau et les facteurs génétiques pour apprendre une langue. Pour autant, ils mettent sérieusement en doute la vérité absolue de cette étude. D’une part, parce qu’elle ne porte que sur un très petit échantillon de personnes. D’autre part, parce qu’elle considère que les effets des gênes sont indépendants de l’environnement dans lequel l’individu évolue et grandit. Or, ces deux paramètres sont intimement liés.

Je vous le disais plus haut. Si nous naissons tous égaux avec une capacité de développement cérébral identique, nous ne grandissons pas tous dans les mêmes contextes familiaux, culturels et environnementaux. À mesure de notre évolution, notre structure cérébrale se modifie et nos gènes évoluent.

OK, alors apprendre l’anglais et la génétique sont peut-être liés. Mais en fait, il s’agit plutôt de savoir à quel niveau cela intervient et comment. Chose que cette étude voulait prouver, mais qui paraît encore imparfaite et sans réponses irréfutables.

Quoi qu’il en soit, malgré notre inégalité, apprendre l’anglais est bénéfique pour notre cerveau.

Les effets positifs de l’anglais 2e langue sur notre cerveau

  1. Le cerveau se muscle et se développe
  2. Les sons sont plus facilement reconnus
  3. Le passage d’une langue à une autre est plus simple et rapide
  4. Une meilleure intuition se développe naturellement
  5. Se tromper n’est pas grave, c’est un signe de progrès
  6. L’imagination et le cerveau font peuvent d’une plus grande créativité
  7. Une meilleure compréhension des autres cultures est une résultante directe
  8. Le cerveau vieillit beaucoup moins vite

La génétique influencerait l’apprentissage d’une langue : vous y croyez ?

Vous avez compris que même si notre cerveau est l’outil de l’apprentissage d’une langue, il n’est pas encore prouvé comment la génétique intervient dans le processus d’acquisition. Quand nous voyons les difficultés d’apprentissage d’une personne à une autre, on se dit que tout cela a forcément un lien. Malgré tout sans aller jusqu’à l’étude scientifique, nous pouvons constater que les adultes immergés dans une langue qui n’est pas la leur arrivent à la comprendre et à la parler à force de pratique. On pourrait facilement en conclure que seule notre volonté prime et que les gènes n’ont rien à voir dans notre capacité à intégrer une nouvelle langue. Et vous, pensez-vous que vos gènes sont la source de votre réussite ?

 

 

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